En 2002, le CIRC, le Centre international de la recherche sur le cancer, a classé les champs magnétiques à basse fréquence dans la catégorie "potentiellement cancérogène pour l’homme", en 2002.
Il a fondé sa décision sur les études scientifiques menées sur l’impact des champs électriques et magnétiques de basse fréquence (50 Hz ou hertz) sur la santé humaine, principalement les liens avec la leucémie infantile. D’autres études ont été menées sur le risque de cancers infantiles comme les tumeurs cérébrales, sur les risques de tumeurs cérébrales chez l’adulte, de maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer ou la sclérose latérale amyotrophique, voire des études portant sur les effets neurologiques des champs magnétiques.
Parmi les études sur la leucémie infantile, on peut citer celle de Draper, Vincent, Kroll & Swanson réalisée sur les lignes à haute tension d’Angleterre et du Pays de Galles en 2005. Elle a porté sur 29.081 enfants de moins de 14 ans atteints de cancer dont 9700 de leucémie. Les chercheurs concluent qu’il y a un lien, une corrélation, entre la leucémie infantile et la proximité du domicile à la naissance avec ces lignes THT. Mais les chercheurs écrivent aussi qu’aucun "mécanisme biologique reconnu n’explique ces résultats épidémiologiques" et que "cette relation pourrait être due au hasard ou à des facteurs de confusion". Bref, une incertitude demeure.
Au regard des recherches scientifiques sur le sujet, l’OMS a conclu en 2007 qu'"en définitive, les preuves relatives à la leucémie infantile ne sont pas suffisamment solides pour établir un lien de causalité".
Depuis l’avis émis par l’OMS, d’autres recherches ont été effectuées. Elles ont nourri l’avis que l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (AFSSET) a donné en mars 2010 sur le sujet. L’AFSSET avance qu'"une association statistique entre exposition aux champs magnétiques extrêmement basses fréquences et leucémie infantile" a bien été observée et que les différents résultats sont "cohérents". Si une corrélation est établie, ajoute l’agence française, les recherches ne permettent toutefois pas d’en comprendre le mécanisme. Ne pas comprendre le mécanisme ne signifie pas que ça n’existe pas. L’AFSSET préconise dès lors de réaliser d’autres études épidémiologiques plus précises.
Aux Pays-Bas, le Conseil de la santé (Gezondheidsraad) estime de son côté, dans son avis de 2018, "qu’il n’est pas prouvé que les champs magnétiques soient la cause des problèmes, mais qu’il existe des indices d’un lien de causalité". Le conseil néerlandais plaide dès lors pour une "politique de précaution". Il suggère même d’étendre ce principe de précaution aux câbles électriques souterrains et aux autres sources d’exposition prolongée aux champs magnétiques du réseau électrique car "ces champs ne sont pas bloqués par le sol ni par les matériaux de construction".
C’est sur cette base qu’en Belgique, le Conseil supérieur de la santé a précisé dans son avis rendu en 2020 que "le rôle causal joué par les champs magnétiques sur l’augmentation de l’incidence de la leucémie infantile est incertain, mais ne peut être exclu".
Il est intéressant de constater que l’avis émis par le Conseil supérieur de la santé n’a pas été unanime. L’un de ses membres, le professeur émérite de l’UGent et expert en cancer, Nicolas Van Larebeke, a endossé l’avis mais souligne en effet "qu’à des intensités élevées, des effets biologiques ont été démontrés pour les champs électromagnétiques à très basse fréquence, notamment des modifications au niveau de l’expression des gênes, et que ceux-ci pourraient contribuer à l’apparition de leucémies. Cependant, ajoute-t-il, la façon dont ces effets pourraient contribuer à l’apparition d’une leucémie n’est pas claire".